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Qu'est-ce que le subspace ? L'état modifié du soumis, expliqué

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Le subspace est l'état proche de la transe dans lequel un soumis peut glisser pendant une scène de BDSM : il flotte, il est profondément calme, il perçoit moins la douleur et ne sait plus si cinq minutes ou cinquante se sont écoulées. Le glossaire BDSM de Wikipédia le décrit comme un état psychologique provoqué par l'excitation et par le sentiment de lâcher prise. Il ne touche pas tout le monde ni à chaque fois, il a son pendant chez les dominants, et il pose un vrai problème de sécurité, car une personne plongée dans le subspace peut ne plus être capable de dire ce dont elle a besoin. Cette page explique ce que l'on ressent, ce qu'a trouvé le petit nombre de recherches existantes, en quoi le subspace diffère de la dissociation et de l'hypnose, et comment redescendre en douceur.

D'où vient le mot

Subspace, c'est simplement « sub » (pour soumis) plus « space », au sens d'état d'esprit. La plus ancienne citation que donne le Wiktionnaire anglais pour le sens BDSM vient de l'autrice Gloria Brame, en 2000, et des chercheurs qui écrivaient en 2016 attribuaient le terme au livre SM 101 de Jay Wiseman, paru en 1998, ainsi qu'aux glossaires de la communauté. On lit parfois que le mot aurait été emprunté à Star Trek, où le subspace est un raccourci plus rapide que la lumière. Nous n'avons trouvé aucune preuve en ce sens : les deux emplois partagent simplement la même orthographe.

Ce que l'on ressent dans le subspace

Les descriptions se ressemblent de façon frappante. Brad Sagarin, psychologue social à la Northern Illinois University qui étudie le BDSM, a résumé ce que rapportaient les participants à ses recherches : moins de douleur, une impression de flotter, un sentiment de paix et un temps déformé. Dans un entretien accordé en 2020 au magazine MEL, il est allé plus loin : « Les gens perdent la distinction entre eux et leur partenaire, entre eux et l'univers. » Un switch (une personne qui alterne les rôles) interrogé dans le même article a dit simplement : « Quand j'y suis, plus rien d'autre ne compte autour de moi. »

Rien n'est garanti. Certains y accèdent souvent, d'autres rarement, d'autres jamais, et il faut en général de la confiance, du temps et une scène dont l'intensité ou le rythme suffit à vous y porter. En faire un objectif à atteindre peut même l'empêcher d'arriver.

Ce que dit la recherche

L'étude la plus connue est modeste. Ambler et ses collègues, dans Psychology of Consciousness en 2016 et 2017, ont demandé à 14 switchs expérimentés de jouer une scène, un jet de dé décidant qui serait le top et qui serait le bottom (le dominant et le soumis de la scène). Avant et après, les participants passaient un test de Stroop, une mesure classique de l'attention et du contrôle exécutif. Comme Sagarin l'a résumé par la suite, les bottoms montraient des signes d'hypofrontalité transitoire, un fléchissement passager des zones du cerveau chargées de la planification et de l'autosurveillance, tandis que les tops entraient en flow, un état d'absorption où l'on agit sans effort et où la conscience de soi disparaît. Aucune imagerie cérébrale n'a été réalisée ; le test de Stroop est une mesure indirecte, et 14 personnes constituent un point de départ, pas une preuve.

Une étude plus large, publiée en 2016 dans PLOS ONE par Lee et ses collègues, a suivi 83 personnes lors d'un rituel organisé pendant une conférence consacrée au cuir à Phoenix. La fonction exécutive s'est mesurablement ralentie pendant l'événement ; les danseurs percés comme les personnes qui ont participé sans perçage ont déclaré des niveaux élevés de flow ; et, ensuite, les participants ont rapporté moins de stress, moins de ressenti négatif et davantage d'intimité. Une étude de 2021 portant sur 227 personnes qui pratiquent la soumission ou le masochisme a établi que modifier son état d'esprit était l'une des trois grandes motivations qu'elles décrivaient. Une revue de 2022 consacrée aux recherches sur les hormones conclut qu'il existe des éléments probants de variations du cortisol chez les soumis pendant les scènes, mais que ces recherches restent limitées. L'idée répandue selon laquelle le subspace ne serait « que des endorphines » n'a, en réalité, pas été mesurée dans ces études.

Une goutte d'encre rouge profond qui se disperse en lents panaches dans l'eau claire d'un verre, sur fond noir
Une seule goutte, et tout change de couleur. Le subspace arrive un peu de cette façon.

Le topspace

Les dominants ont eux aussi un état modifié, appelé topspace ou domspace : une absorption concentrée et euphorique dans la scène. Les chercheurs le rapprochent du flow. « Le reste du monde s'efface », a dit Sagarin. Une dominatrice professionnelle (on dit aussi Maîtresse) citée par MEL a décrit ce que ressent la dominante, de son côté de la scène, comme une sorte de nourriture pour les personnes qu'elle domine. Le topspace a son propre risque : un top absorbé peut perdre la notion du temps ou laisser passer des signes qu'il remarquerait d'ordinaire, et c'est l'une des raisons pour lesquelles les dominants expérimentés prévoient des pauses et des points d'étape dans les longues scènes.

Subspace, dissociation et hypnose

En psychiatrie, la dissociation désigne une perturbation de l'intégration normale de la conscience, de la mémoire, de l'identité, des émotions et de la perception. Le Manuel MSD précise qu'une dissociation légère est normale et ne gêne généralement pas la vie quotidienne : oublier les derniers kilomètres d'un trajet que l'on connaît par cœur en est l'exemple classique. L'article de Wikipédia sur la dissociation décrit les états modifiés non pathologiques comme situés sur le même spectre. Le subspace recoupe peut-être cette forme légère et quotidienne. Personne n'a montré qu'il s'agit d'un trouble dissociatif, ni qu'il en est entièrement distinct. Si vous vous sentez détaché, engourdi ou si vous perdez des pans de temps en dehors des scènes, c'est un sujet à aborder avec un médecin, pas une affaire de kink (pratique, fantasme ou goût sexuel hors norme).

L'hypnose, c'est autre chose. Il s'agit d'un état d'attention focalisée, avec une conscience périphérique réduite et une réceptivité accrue à la suggestion, et on le provoque délibérément. Le subspace naît de la scène elle-même, sans que personne ne l'induise. Les deux peuvent se ressembler de l'intérieur, et certaines personnes utilisent l'hypnose pour y arriver ; notre guide sur l'hypnose femdom aborde ce versant.

Le problème de sécurité du subspace

Le glossaire qui définit le subspace explique aussi pourquoi cela compte : le partenaire qui reçoit peut ne pas être en mesure de dire ce dont il a besoin, si bien que le top doit surveiller. L'étude de Lee a constaté une baisse mesurable de la fonction exécutive pendant un rituel intense. En clair, la personne dans le subspace est peut-être la moins bien placée de la pièce pour juger de ce qu'elle peut encore supporter.

Ignorer un safeword (mot de sécurité), note Wikipédia, est considéré comme une faute grave et pourrait constituer une infraction pénale selon la loi du lieu où vous vous trouvez. Notre page sur les modèles de consentement en BDSM explique comment mettre tout cela en place.

La redescente : sub drop et top drop

Ce qui monte finit par redescendre. Le sub drop, ce coup de fatigue, de vide ou de larmes après une scène intense, en est la version la plus connue, et notre guide de l'aftercare (l'après-séance) l'explique en détail. Les dominants n'y échappent pas. Un article de 2016 signé Richard Sprott et Anna Randall, intitulé « Black and Blues », décrit des communautés kink qui reconnaissent le sub drop, le top drop, l'event drop après un gros week-end et le scene drop, sur des durées allant de quelques minutes à plusieurs jours. Si vous êtes la personne dominante, prévoyez aussi votre propre aftercare, et ne vous étonnez pas de vous sentir étrangement à plat le lendemain d'une scène qui s'est très bien passée.

Le subspace dans une séance en ligne

Pas besoin de corde pour y arriver. La voix, le rythme et les instructions peuvent entraîner très loin dans sa tête, et c'est pourquoi les séances en ligne intenses, l'hypnose et les comptes à rebours lents produisent cet effet. Les mêmes règles valent en cam : convenez des limites dans le chat gratuit d'abord, fixez une durée que vous respecterez, gardez de l'eau à portée de main et ne prévoyez pas de conduire ni de travailler juste après. Le bandeau en haut de page montre les dominatrices en direct, et notre guide pour être un bon soumis explique ce qu'il faut apporter à une séance pour qu'elle puisse vous emmener très loin et vous ramener en sécurité.

Réponses rapides

Qu'est-ce que le subspace ?

Un état proche de la transe dans lequel un soumis ou un bottom peut glisser pendant une scène. Le glossaire BDSM de Wikipédia le décrit comme un état psychologique provoqué par l'excitation et par le sentiment de lâcher prise. On parle de flottement, de calme profond, de douleur atténuée et de perte de la notion du temps.

Que ressent-on dans le subspace ?

On décrit un flottement, une grande paix, une douleur réduite et un temps qui passe de façon étrange. Le psychologue Brad Sagarin a évoqué des personnes qui ne font plus la distinction entre elles-mêmes et leur partenaire. Tout le monde ne le vit pas, et personne ne l'atteint à chaque fois.

Quelle est la cause du subspace ?

Personne ne le sait exactement. Une petite étude de 2017 suggère que les bottoms entrent dans un état d'hypofrontalité transitoire, un fléchissement passager des zones cérébrales de planification et d'autosurveillance, tandis que les tops entrent en flow. L'intensité, la confiance, le rythme, la douleur et l'abandon des décisions semblent tous jouer un rôle.

Le subspace est-il la même chose que la dissociation ?

Pas exactement, et ce lien n'a pas été étudié directement. Une dissociation légère, comme se perdre dans ses pensées sur un trajet familier, est normale, et le subspace se situe peut-être non loin. Si vous vous sentez détaché, engourdi ou si vous perdez du temps en dehors des scènes, parlez-en à un médecin.

Le subspace est-il la même chose que l'hypnose ?

Non. L'hypnose est un état d'attention focalisée, guidé par la suggestion. Le subspace naît de la scène elle-même, sans que personne ne le provoque, même si les deux peuvent se ressembler de l'intérieur et si certaines personnes utilisent l'hypnose pour y accéder.

Qu'est-ce que le topspace ?

La version du dominant, parfois appelée domspace : un état concentré et euphorique pendant une scène. Les chercheurs le rapprochent du flow, cet état d'absorption où la conscience de soi s'efface et où l'on agit sans effort.

Qu'est-ce que le top drop ?

Un coup de blues que les dominants peuvent ressentir après une scène, à côté du sub drop, plus connu. Un article de 2016 signé Sprott et Randall décrit le sub drop, le top drop, l'event drop et le scene drop, qui durent de quelques minutes à plusieurs jours.

Le subspace est-il dangereux ?

Il peut l'être, car la personne qui s'y trouve n'est pas toujours en mesure de dire ce dont elle a besoin ni de juger ce qui se passe. C'est pourquoi on fixe les limites à l'avance, on convient de signaux non verbaux et le top garde un œil sur le soumis.

Peut-on atteindre le subspace dans une séance en ligne ?

Beaucoup de gens décrivent un état d'esprit très fort rien qu'avec la voix et les instructions. Les mêmes règles s'appliquent : fixez les limites d'abord, définissez une durée, gardez de l'eau à portée de main et ne prenez pas le volant juste après.